Nous autres, jeunes padawans Forgiens, encore euphoriques de notre grand chelem de soirées Erasmus nous réveillons assez tard ce dimanche 11 Mai mais suffisamment tôt pour rejoindre San Siro qui
sera un peu notre affrontement Dark Vador - Luke Skywalker à nous !
Ce jour là, l'Inter peut être champion en cas de victoire sur Sienne. On s'attend donc à une belle fête pour célébrer le titre et nous avons pris les places dans la Curva Nord de l'Inter pour
l'ambiance... On va pas être déçus de ce côté là ! Première épreuve, trouver sa place. Pas son siège, sa place. Dans cette tribune, c'est l'anarchie et donc chacun se met où il le veut et surtout
où il le peut. En effet, des groupuscules de supporters défendent chèrement leur carré et rester plus de 4 secondes entre les rubans rouge et blanc marquant les frontières de leur territoire est
vu comme de la provocation ! On réussi à se caser plus ou moins entre deux groupuscules sur une bande d'un demi mètre de large et donc les uns derrière les autres. En apéritif du match on a pu
voir à quel point le groupuscule défend son territoire. Un tifoso a essayé d'y entrer, il s'est fait tabasser par 4 mecs là juste sous nos yeux.
Peu avant le match, un des leaders de la Curva s'est mis à faire des saluts fascistes et réclamer que "Milan soit comme Vérone" où les tifosi d'extrême droite sont légion et s'étaient distingués
quelques jours avant en tabassant à mort un gars qui leur avait refusé une clope en plein centre de Vérone. Bonjour l'ambiance... Le match commence et avec lui, les choeurs des supporters. Et là,
t'as intérêt à chanter ou du moins à participer. Le pauvre Yon qui a mis quelques secondes de trop à mettre "su le mani" (les mains en hauteur) s'est ramassé une bouteille de flotte (vide
heureusement) dans la tronche d'un leader de la Curva qui lui a hurlé "SU LE MANI !!!". Yon ne se l'est pas fait répéter deux fois.

Le stade était plein comme un oeuf. Debout,
trois "leaders" de la Curva
Heureusement, notre Patrick Vieira national ouvre le score ce qui détend un peu l'atmosphère. L'Inter domine outrageusement une équipe de Sienne dangereuse en contre et qui parvient à égaliser
avant la mi-temps si mes souvenirs sont bons. A la mi-temps nous nous amusons de regarder les tifosi s'échanger des produits pas très licites (drogue, fiole d'alcool bizarres) et préparer quelque
chose avec des genres de canettes. Notre Momo national, stadier au Stade Rennais nous apprend que ce sont des fumigènes et qu'on va bouffer. Et en effet, peu avant la reprise, les leaders de la
Curva "décapsulent" le fumigène et une fumée rougeâtre étouffante et qui pique les yeux en sort. Yon a pris une vidéo de cet instant épique :
L'Inter marque à nouveau en début de deuxième mi-temps mais réussi à se prendre un contre et un joli but sur la seule frappe de Sienne en deuxième période. Les nerazzuri poussent de façon
désordonnée pour arracher le titre et à 5 minutes de la fin, ils obtiennent un penalty que Materazzi (qui s'était déjà fait remarque en sauvant presque sur sa ligne une frappe de... son
coéquipier Cruz ) insiste pour tirer. Il le rate au grand désespoir des tifosi et la tension déjà insoutenable augmente encore d'un cran. Le match se termine sur un 2-2, une belle bronca et un
déchaînement des tifosi interistes. On a même eu le droit aux cris de singe lorsque Maicon a applaudi la tribune en quittant la pelouse. Il ne manquait que ça...
La fête n'était que reportée vu que l'Inter a remporté le titre la semaine suivante en gagnant sur la pelouse de Parme. Mais pour nous, c'était ce soir là ou jamais. On s'est consolés avec un
dernier aperitivo.
Le Lundi, dernières visites en vitesse, Cimetière Monumental (très vite vu qu'il était fermé), Chinatown, Parc Sempione et Arena Civiva, Castello et Via Dante. Il était alors temps pour les
padawans devenus chevaliers Jedi de rentrer au pays..
Merci d'être venu, revenez quand vous voulez !